Coriolus versicolor : le guide complet du champignon queue de dinde

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Si vous avez l’habitude de vous promener dans la nature, il est très probable que vous ayez déjà rencontré des champignons queue de dinde. 

Ces champignons se reconnaissent facilement par leurs rayures colorées, rappelant le plumage des dindes. 

Cependant le champignon queue de dinde ou colorius versicolor n’est pas seulement susceptible de remporter des concours de beauté. Il est également un champignon fonctionnel aux nombreux bienfaits pour la santé. 

En plus de ses grandes qualités nutritionnelles, il possède de puissants principes actifs connus notamment pour stimuler le système immunitaire.

Nous allons voir dans cet article les caractéristiques de ce magnifique champignon médicinal.

Qu’est-ce que le champignon queue de dinde ? 

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Le champignon queue de dinde appartient à la famille des polypores, une espèce de champignons très commune. 

Il est connu aussi sous le nom scientifique de coriolus versicolor ou tramète versicolor, en référence à la couleur changeante de ses lamelles.

Vous pouvez le reconnaître facilement par sa structure ondulée formant des cercles concentriques. 

Ce champignon pousse partout dans le monde. Il a pour habitat naturel les jardins publics, les parcs où les forêts feuillues où il se développe sur les troncs morts ou les souches. 

Bien que ce champignon soit couramment consommé en Asie et fasse même partie de la pharmacopée traditionnelle, il est interdit en France. Seuls certains pays voisins tels que l’Allemagne autorisent sa commercialisation.  

Histoire du champignon queue de dinde 

Le champignon queue de dinde est utilisé depuis des milliers d’années dans la médecine traditionnelle asiatique. Toutefois il ne possède pas une aussi grande popularité que ses cousins le reishi, le maitaké ou le cordyceps.

Au Japon, il est connu sous le nom de kawaratake, signifiant “champignon près de la rivière”.

En Chine, ce champignon se nomme yun zhi, ce qui signifie “champignon des nuages”. Ce nom lui vient de sa forme nuageuse, symbole du mouvement de la vie dans la pensée chinoise.

Il est un champignon médicinal très populaire, réputé pour stimuler le système immunitaire et renforcer la longévité. On le consomme en infusion ou sous forme de poudre en synergie avec d’autres plantes ou champignons. 

En Amérique du Sud, le champignon queue de dinde avait une tout autre utilisation que dans la médecine traditionnelle chinoise. En effet, il s’utilisait comme additif afin d’améliorer la conservation des aliments. Il était ainsi mélangé à des aliments sans être consommé individuellement. 

En Occident, le nom usuel du champignon « queue de dinde » ou « turkey tail » lui vient de sa ressemblance étrange avec le plumage du dindon.

Propriétés du champignon queue de dinde

A partir des années 1980, le colorius versicolor a reçu de nombreuses études cliniques en pharmacologie et oncologie. Il figure parmi les champignons dont les propriétés thérapeutiques ont été le plus étudiées. Les études portent en particulier sur l’effet des polysaccharides extraits du champignons. Vous trouverez ci-dessous une synthèse des propriétés que j’ai pu relever. 

Un potentiel anti-stress

Comme beaucoup de champignons médicinaux chinois, le colorius versicolor est un adaptogène. 

Les adaptogènes sont ces plantes et champignons capables d’améliorer les capacités de l’organisme à résister au stress. 

La cause de ce stress peut être d’ordre physique, biologique ou chimique. 

Les adaptogènes interagissent avec l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HHS) pour aider à stabiliser les niveaux de cortisol en cas de stress et aider l’organisme à retrouver son équilibre.

Régule le système immunitaire 

Le champignon queue de dinde possède des principes actifs aux propriétés immunostimulantes. 

Selon cette étude, il comprend notamment deux principaux principes actifs, le PSK et le PSP issus de sucres complexes. Le PSK et PSP contribuent chacun au renforcement du système immunitaire. Leur réponse immunitaire se déploie à la fois par l’activation et l’inhibition de certaines cellules immunitaires et par la suppression de l’inflammation.

Cette étude a pu montrer que le PSP augmente la quantité de monocytes, des sortes de globules blancs qui participent aux défenses immunitaires de l’organisme et qui combattent certaines infections. 

Par ailleurs le PSK agit sur l’organisme de façon pour stimuler la production de globules blancs spécialisés appelés macrophages, connus pour dévorer les cellules contaminées. 

Un potentiel anti-cancer 

Nous venons de voir le potentiel du champignon queue de dinde pour stimuler le système immunitaire. D’après certaines études, son extrait pourrait aussi être utile pour lutter contre certains cancers.

Son potentiel proviendrait de la présence de polysaccharides capables d’inhiber la croissance des cellules cancéreuses.

Depuis une trentaine d’années, les champignons médicinaux chinois sont utilisés en Chine et au Japon comme compléments aux traitements standards du cancer. 

Ils sont utilisés notamment dans la lutte contre certains types de cancer tels que le cancer du poumon, le cancer du sein, le cancer gastrique et le cancer colorectal.

Toutefois des recherches complémentaires sont encore nécessaires afin de pouvoir confirmer l’efficacité réelle du champignon queue de dinde dans la lutte contre le cancer. 

Un potentiel pour prévenir le rhume et la grippe

Le champignon queue de dinde est connu depuis de nombreuses années pour ses vertus antimicrobiennes et anti infectieuses. 

Il améliore les capacités de l’organisme à résister à l’attaque des germes pathogènes.

Il permettrait  ainsi de prévenir certaines infections telles que la grippe ou le rhume.

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Composition nutritionnelle

Le champignon queue de dinde figure parmi les champignons les plus étudiés avec le reishi, le cordyceps et le maitaké.

Comme la plupart de ces champignons médicinaux, il contient des protéines, des minéraux et de nombreuses vitamines du groupe B et D. 

Par ailleurs, le colorius versicolor possède des bêta-glucanes, un type de polysaccharides connus pour stimuler l’immunité.

Comment consommer le champignon queue de dinde ?

En raison de sa chair très coriace, le champignon queue de dinde n’appartient pas à la catégorie des comestibles. Il se consomme habituellement sous la forme de : 

  • Tisane. Le champignon séché est infusé dans de l’eau pour former une tisane médicinale. 
  • Thé. En Chine, il est courant de voir le « champignon nuages” mélangé à du thé pour être consommé sous forme de boissons digestives.
  • Soupe. La consommation de ce champignon en soupe est aussi possible bien que plus rare. En effet, la queue de dinde peut être mélangée à du maïs, des carottes et de l’ail pour constituer une soupe médicinale pour booster les défenses immunitaires.  
  • Ou poudre. Le champignon queue de dinde peut aussi être consommé sous forme de poudre pour accompagner un yaourt ou une vinaigrette. 

A ne pas confondre avec le champignon queue de dinde

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Le colorius versicolor est un champignon difficile à confondre en raison des rayures très uniques de son chapeau. 

L’espèce qui se rapproche le plus de ce champignon est la tramète multicolore (trametes multicolor). Toutefois le chapeau de cette espèce ne comporte pas de zones concentriques de couleur bleutée à violacée. 

Une autre espèce se rapproche aussi du colorius versicolor : le stérée hirsute (stereum hirsutum). Cependant cette espèce est beaucoup plus orangée et son chapeau beaucoup plus mince. 

Conclusion 

La queue de dinde est un champignon médicinal très connu de la tradition asiatique. Riche en nutriments, cette espèce appartient à la catégorie des « super aliments ». Doté également de puissants principes actifs, ce champignon possède de nombreux bienfaits pour la santé. Il présente notamment un potentiel intéressant pour le renforcement du système immunitaire. Très répandu dans la nature, vous le rencontrerez peut-être lors de votre prochaine promenade poussant sur une souche ou d’un tronc d’arbre ? 


Références : 

Alain Tardif, 2021, Traité de mycothérapie – Tout savoir sur les champignons médicinaux 

Artem Blagodatski, Margarita Yatsunskaya, Valeriia Mikhailova, Vladlena Tiasto, Alexander Kagansky, and Vladimir L. Katanaev, 2018, Medicinal mushrooms as an attractive new source of natural compounds for future cancer therapy

Bhagwant Kaur Sekhon 1, Daniel Man-Yuen Sze, Wing Keung Chan, Kei Fan, George Qian Li, Douglas Edwin Moore, Rebecca Heidi Roubin, 2013, PSP activates monocytes in resting human peripheral blood mononuclear cells: immunomodulatory implications for cancer treatment

Alena G. Guggenheim, ND, Kirsten M. Wright, BS, and  Heather L. Zwickey, 2014, Immune Modulation From Five Major Mushrooms: Application to Integrative Oncology

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