Armillaire couleur de miel : un champignon médicinal aux nombreuses vertus

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Si vous croisiez lors de votre prochaine balade en forêt, l’armillaire couleur de miel, sauriez-vous le reconnaître ?

Ce ne serait pas étonnant que vous rencontriez ce champignon car il n’est pas rare. 

Pourtant les propriétés de ce champignon sont très mal connues. C’est pourquoi j’ai décidé de mener l’enquête dans cet article afin de vous partager les vertus de ce champignon à la couleur de miel. 

Qu’est-ce que l’armillaire couleur de miel ? 

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L’armillaire couleur de miel (armillaria mellea) est un champignon médicinal tenu en haute estime dans la pharmacopée chinoise et la phytothérapie. 

Bien qu’ayant longtemps été considéré comme étant comestible, l’armillaire couleur de miel présente des risques d’indigestion et d’allergies. Il n’est donc plus classé dans la catégorie des champignons comestibles en France. 

Le nom de ce champignon vient de son châpeau de couleur jaune miel ainsi que de son anneau blanc tacheté. Cependant, l’armillaire couleur de miel possède également d’autres jolis noms : tête-de-méduse, souchette, “naratake” en japonais, “honey fungus” en anglais ou même “podpink” en polonais.

Ce champignon est aussi connu sous le nom de pourridié en raison de son activité parasitaire. En effet, le mode de développement de ce champignon entraîne une maladie à l’arbre qui l’accueille pouvant entraîner sa mort. 

Où trouver l’armillaire couleur de miel ?

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L’armillaire couleur de miel est particulièrement répandue dans l’hémisphère nord. Ainsi, il n’est pas rare d’en trouver en France dans les bois ou les plaines de moyenne montagne. 

Ce champignon pousse en touffe autour des arbres morts ou vivants. Vous le trouverez souvent sur les souches, troncs ou les pieds de pin gris, de tilleuls ou autres conifères.

La période de récolte s’étend habituellement de la fin de l’été jusqu’à la fin de l’automne.  

A ne pas confondre avec l’armillaire couleur de miel

Il existe un risque de confusion entre l’armillaire couleur de miel et d’autres champignons de la même espèce. Dans cette famille d’armillaires, vous pourrez également rencontrer l’armillaire à pied clavé, l’armillaire d’astoya ou bien l’armillaire bulbeuse. 

Les champignonneurs débutants pourront potentiellement confondre cette espèce avec la pholiote écailleuse qui possède un anneau et un chapeau parsemé d’écailles. 

Afin de ne pas confondre ce champignon avec une autre espèce, il convient donc de faire preuve de vigilance lors de votre cueillette. 

Peut-on manger l’armillaire couleur de miel ? 

Longtemps considéré comme comestible, ce champignon est considéré aujourd’hui comme étant à éviter en raison des risques d’indigestion. 

Cependant, selon le mycologue Alain Tardif, l’armillaire couleur de miel reste un bon comestible à condition de le manger jeune et en quantité raisonnable.

Voici les précautions à prendre avant de manger ce champignon : 

  • Rejeter les tiges du champignon qui sont peu digestes. 
  • Éviter de cueillir les champignons ayant subi le gel ou la sécheresse. Ces derniers peuvent contenir des toxines pouvant provoquer des indigestions. 

Si ces précautions étant respectées, l’armillaire couleur de miel peut ensuite faire l’objet d’une bonne recette aux champignons.  

Comment cuisiner l’armillaire couleur de miel ?  

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Pour rappel, sachez que ce champignon est considéré comme n’étant pas comestible en France. Par conséquent, nous vous invitons à prendre vos responsabilités si vous souhaitez consommer ce champignon. 

Toutefois, si vous souhaitez le consommer, vous pourrez le cuisiner en poêlée comme la plupart des champignons.

L’idéal pour la cuisson est de le tailler en petits cubes puis de le saisir à la poêle dans une noisette de beurre ou d’huile d’olive. Vous pouvez si vous le souhaitez ajouter un peu de persil et d’ail afin de relever le goût. 

Faites ensuite cuire une dizaine de minutes vos champignons avant de les ajouter à la recette de votre choix : risotto, sauce, omelettes…

Propriétés médicinales

L’armillaria mellea possèderait des propriétés antibiotiques. En effet, une étude japonaise dans les années 1990 a identifié dans ce champignon un acide aux effets antibiotiques : l’acide armiliarique. Ainsi ce champignon aurait à ce titre des propriétés antibiotiques.

De plus, selon cette étude de 2015, en endiguant la réaction des macrophages du système immunitaire, l’acide armiliarique aurait une action anti-inflammatoire. 

Par ailleurs, la vitamine C contenue dans le champignon possède une action anti-oxydante favorable à la lutte contre les radicaux libres et certains agents pathogènes de l’organisme.

L’armillaria mellea peut aussi être aidante pour les personnes souffrant de dépression. En effet ce champignon contient du tryptophane, un acide aminé précurseur de la sérotonine, connu pour jouer un rôle fondamental dans la régulation de l’humeur. 

Au Japon, ce champignon connu sous le nom de naratake a la réputation d’être un tonique psychique. Il est recommandé notamment dans le traitement de troubles comme la neurasthénie, des états de fatigue accompagnés de tristesse.  

A retenir

L’armillaire couleur de miel est un champignon médicinal connu et utilisé en pharmacopée chinoise et phytothérapie.

Doté d’antibiotiques naturels, il possède des propriétés antibiotiques anti-inflammatoires. Il est à ce titre un excellent antibactérien. Par ailleurs, l’armillaire couleur de miel est aussi conseillé dans les troubles d’équilibre psychique. En effet, il est un tonique nerveux permettant de soulager les personnes souffrant de dépressions chroniques. 

Bien que ce champignon ait longtemps été considéré comme étant comestible, il peut occasionner des indigestions. Par conséquent, mieux vaut éviter sa consommation. 


Sources et références : 

https://www.anses.fr/fr/system/files/ERCA2014sa0256.pdf

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25746621/

Alain Tardif, 2014, Les champignons médicinaux, 28-29-30

Alain Tardif, 2021, Traité de mycothérapie – Tout savoir sur les champignons médicinaux, 157-158-159-160-161

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